Un site pour faire ses courses au jardin

Tous ceux qui un jour se sont lancés dans la réalisation d’un potager ont, à un moment donné, dû faire face à une abondance de courgettes, de tomates, de fraises… Quoi faire de toute cette récolte ? A cette question qui préoccupe de nombreux jardiniers, Luc Page, a trouvé une réponse ! Avec Le Potiron, il propose un site pratique pour trouver, échanger, vendre et ou acheter des surplus du jardin.

Rencontre avec Luc Page, un Tistou les Pouces Verts passionné de jardin et de lien social…

Trouver, échanger, vendre, acheter des surplus du jardin, c’est l’idée novatrice et solidaire développée par le site internet Le Potiron.fr. En reprenant il y a deux ans, cette plateforme créée initialement en 2010 par un groupe de copains, Luc Page, a décidé de donner une nouvelle vie à ce projet né d’un constat simple : le jardin produit bien souvent plus que ce que l’on peut, ou veut consommer.

Ecologiste convaincu depuis de nombreuses années et fervent adepte et consommateur d’une alimentation bio, ce jardinier amateur, concepteur de sites web dans la vie professionnelle, a donc décidé de mettre en relation les particuliers et petits producteurs qui veulent échanger, vendre ou donner leur surplus de production de leur jardin ou de leur ferme. L’idée est simple : permettre à tous ceux qui le souhaitent de s’approvisionner localement en fruits et légumes, mais pas seulement ! Sur Le Potiron, on peut également trouver des graines, des boutures, des confitures, des conserves et même d’autres produits artisanaux en fonction de ses pêchés mignons ! Et cela de manière de manière totalement gratuite puisque l’inscription au site ne donne lieu à aucune transaction financière. Le paiement de ce qui est acheté se fait directement entre le vendeur et l’acheteur au moment de la visite chez le jardinier. Le prix des produits fait, quant à lui, l’objet d’un accord entre les deux parties. Et pour ceux qui se poseraient la question de savoir si en tant que non professionnel on a, ou pas, le droit de vendre la production de son jardin, la loi est très claire. Tout jardinier peut vendre ses fruits et/ou légumes, à condition que le potager d’où ils proviennent ne dépassent pas une surface totale de 500 m2, et que celui-ci soit accolé à sa propriété. Hormis ces deux critères, rien n’interdit de proposer à la vente ses récoltes potagères.

Des produits en direct du jardin à côté de chez soit

Si l’idée de rapprocher les producteurs des consommateurs n’est pas nouvelle et existe déjà à travers de nombreuses autres structures comme les AMAP (Association de Maintien de l’Agriculture Paysanne), par exemple, la plateforme de Luc propose un concept véritablement innovant. Pour cet habitant de la région rennaise, « c’est tout simplement la première place de marché qui fédère à la fois une offre amateur et professionnelle axée sur la recherche de produits de proximité ». En proposant la mise en relation entre particuliers et petits producteurs, Le Potiron est un concept qui, selon Luc Page, répond à un vrai besoin.  « La surproduction est fréquente dans les jardins, et il n’existe pas encore de débouchés pratiques pour celle-ci, autres que le don aux proches et la congélation. La tendance du manger local s’accentue pour des raisons écologiques, économiques, gastronomiques et militantes, et s’appuie sur des circuits courts de distribution. Mais ces circuits restent peu fédérateurs et prennent la forme de sites marchands avec des abonnements très impliquants. Dans un contexte d’économie en crise et de prise de conscience écologique généralisée, le Potiron est une bonne solution pour valoriser la production locale »… et permettre à ceux qui en bénéficient de manger des produits frais de qualité. D’ailleurs, sur le site il y a une fonctionnalité qui permet de sélectionner les jardins qui cultivent en appliquant les principes liés à la permaculture ou ceux qui n’emploient aucun pesticide. Pour Luc, ces méthodes de culture respectueuses de l’environnement concerneraient la majorité des jardins inscrits sur le site. « Aucun jardinier qui consomme ce qu’il cultive n’a envie de manger des pesticides. Ceux qui sont présents sur Le Potiron fonctionnent sur un principe de confiance ».

Quand le jardin donne, souvent les surplus sont fréquents.

Des jardins ouverts à tous

Pour cet amoureux du jardin, l’existence du site est aussi un bon moyen d’éviter le gaspillage tout en stimulant l’économie locale et créer du lien humain. Un facteur essentiel au projet, selon lui. « En créant du lien social autour du jardin, l’idée est de donner envie aux futurs jardiniers de jardiner. L’objectif du Potiron est de permettre de s’échanger des astuces et de partager ses techniques. Parfois des gens viennent avec un petit paquet de graines ou un pied de tomate d’une espèce peu connue, on est vraiment dans l’idée que chacun peut apporter des choses aux autres ».

Loin de s’adresser uniquement aux jardiniers, Le Potiron a la volonté de toucher tous ceux qui auraient envie de se nourrir avec des produits sains directement issus du potager, pas besoin forcément de jardiner soi-même. « Une fois, une femme est venue chez moi voir mon potager simplement pour retrouver le plaisir de couper sa courgette. Elle vivait en appartement et le contact avec la nature et la terre lui manquait, elle avait envie de retrouver cette sensation » raconte Luc qui, lorsqu’il pense « jardin », pense souvent aux étudiants. « Faute de moyens financiers et en fonction du lieu où ils étudient, ils ont parfois des difficultés à consommer et acheter des fruits et légumes de qualité, le fait de pouvoir rencontrer des jardiniers, discuter avec eux et pouvoir disposer de produits issus d’une agriculture respectueuse de l’environnement constitue, selon moi, une bonne alternative ».

En s’inscrivant au Potiron, on peut aussi visiter des jardins

3 clics pour trouver son jardin du bonheur

Pour ce qui est de l’utilisation de la plateforme, rien de plus simple, trois clics suffisent pour trouver son jardin du bonheur. Il n’y a qu’à renseigner sa ville, choisir parmi une liste de produits disponibles et de potagers de son entourage et enfin, contacter le Poticulteur directement via le formulaire de contact présent dans chaque jardin. Et depuis peu, on peut même s’inscrire pour visiter un jardin et proposer aussi de partager son espace potager. Un blog avec tout pleins d’informations a également été mis en ligne. Le Potiblog permet à tous les visiteurs du Potiron d’avoir accès à des articles de fond sur les problématiques liées au jardin.

8 mois après son relooking, Le Potiron affiche des chiffres à faire pâlir d’envie de nombreuses plateformes. De 250 inscrits en mars dernier, le site répertorie aujourd’hui 700 jardins sur le territoire hexagonal ! Un succès qui surfe sur une volonté de plus en plus forte des consommateurs de manger mieux et sain et un intérêt toujours plus grand pour les jardins. Boosté par ce succès, Luc envisage d’ouvrir son site aux jardiniers suisses, belges et luxembourgeois. En attendant, son objectif est de poursuivre le développement du Potiron et de lui permettre d’acquérir un statut économique viable. Pour tous ceux qui souhaiteraient lui donner un petit coup de pouce, ils peuvent via Tipeee.com, laisser un pourboire au Potiron, une bonne manière de soutenir une initiative verte et collaborative.

www.lepotiron.fr

www.lepotiblog.com

Corine Carré

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