Et si on tentait le zéro déchet?

De plus en plus tendance, le zéro déchet est devenu un vrai mode de vie et une façon de se poser en défenseur assumé de la protection de la planète. Depuis 3 ans, Aline Gubri a fait le choix du zéro déchet. Elle vient de publier « Zéro Plastique Zéro Toxique », un livre de recettes et d’astuces DIY pour se lancer facilement et rapidement !

Ne plus consommer de déchets, une utopie, un vœu pieu ? En tout cas c’est un peu l’idée que je m’en faisais jusqu’à ce qu’un jour je tombe sur le livre d’Aline Gubri.

A 22 ans, cette étudiante en dernière année de master en développement durable à la fac parisienne de la Sorbonne est, depuis 3 ans, une fervente partisane du zéro déchet.

Intitulé « Zéro Plastique Zéro toxique », son livre sorti il y a quelques semaines aux éditions Thierry Souccar, m’a vraiment donnée l’envie de tenter l’aventure du zéro déchet ou en tout cas, d’aller plus loin que là où mes précédentes tentatives en la matière m’avaient jusqu’à présent amenée ! La raison ? Des recettes et des astuces simples et faciles à réaliser nécessitant au final peu de matériel et d’ingrédients contrairement à certaines recettes de produits DIY qui ont tendance à envahir la toile !

Rencontre avec Aline Gubri, une pro du zéro déchet et active défenseure d’un quotidien sain et écologique.

Les Utopistes Réalistes : Quand avez-vous décidé de vous lancer dans le zéro déchet ?

Aline Gubri : J’ai commencé il y a 3 ans. Quand je me suis lancée dans l’aventure c’était d’abord pour des raisons écologiques. En m’intéressant au sujet des déchets, j’avais acquis une certaine sensibilité à leur impact environnemental. J’avais vraiment envie de réduire mes déchets et de protéger l’environnement. Mon changement a été très progressif. Je ne suis pas passée du jour au lendemain en mode zéro déchet. Je ne savais pas précisément jusqu’où j’irai, je me disais juste qu’à mon niveau, j’apporterai ma petite pierre à l’édifice et que j’arrêterai quand ça deviendrait trop pénible. En fait, ma transition s’est étalé sur une année entière. J’ai commencé par les cosmétiques avant de me préoccuper des produits ménagers.

Les utopistes Réalistes : Comment votre engagement en faveur d’un mode de vie zéro déchet a-t-il évolué ?

Aline Gubri : Au fil du temps, je me suis rendue compte que produire moins de déchet en limitant les emballages avait aussi un effet sur ma santé. En fait, en agissant de cette manière, je m’exposais beaucoup moins à plein de sources de pollutions différentes. Quand j’ai prise conscience de cette réalité, j’ai vraiment eu envie de continuer.

Les Utopistes Réalistes : Avez-vous l’impression, qu’aujourd’hui, on parle plus de l’importance de consommer en produisant le moins de déchet possible ?

Aline Gubri : Cette problématique intéresse de plus en plus. Depuis le moment où j’ai commencé à m’y intéresser jusqu’à maintenant, il y a eu une progression fulgurante. Il y a 3 ans, il n’y avait pas autant de blogs qui parlaient de sujets. En fait, il n’y en avait quasiment pas. Aujourd’hui, il y a des marques qui se sont lancées dedans et beaucoup de maisons d’éditions, de journaux s’y intéressent. Il y a de plus en plus aussi de boutiques bios et de plus en plus de produits proposés à la vente en vrac. Je trouve ça génial et super encourageant. Ca nous pousse à davantage réfléchir sur notre façon de consommer. L’objectif n’est pas non plus de culpabiliser qui que ce soit. En ce qui me concerne, je ne cherche à convaincre personne de me suivre dans ma démarche. Passer au zéro déchet, c’est d’abord un choix de la personne. Mais quand on sait qu’un objet qui pèse 1 kilo produit en amont en moyenne 70 kilos de déchets au fil des étapes de sa production, ça fait réfléchir !

Le zéro déchet, c’est ludique!

Les Utopistes Réalistes : Est-ce qu’adopter un mode de vie zéro déchet demande beaucoup d’efforts et de contraintes ?

Aline Gubri : Au début de mon expérience, je m’attendais à de voir faire des sacrifices. Souvent, on pense qu’en adoptant ce type de vie, on va être obligé de renoncer à beaucoup de choses et de passer des heures à préparer ses produits d’hygiène ou d’entretien maison. Quand je m’y suis mise, je pensais vraiment que c’était compliqué de faire ses propres produits. Finalement, c’est très simple quand on choisi des ingrédients de base qu’on a souvent déjà chez soit et qui en plus vont permettre de faire plein de recettes différentes. Le savon de Marseille, le vrai, est idéal pour ça. On s’imagine aussi parfois que le zéro déchet coûte cher. C’est plutôt le contraire, depuis que j’ai commencé, je dépense moins.

Les Utopistes Réalistes : Comment rendre le zéro déchet accessible au plus grand nombre ?

Aline Gubri : Je crois que l’un des secrets est de choisir des recettes réalisables rapidement et qui demande le moins de matériel possible. Il faut aussi amener l’objectif zéro déchet de façon ludique en montrant qu’il ne s’agit pas juste d’un moyen mais d’une vraie activité en soi. Expliquer comment faire une lessive ou un déodorant et le faire avec les gens est quelque chose qui fonctionne en général très bien, surtout quand après on l’utilise et qu’on constate l’efficacité du produit. On est en général fier de ce qu’on a fabriqué. A l’issue d’un atelier de fabrication de produit, les personnes sont souvent convaincues et certaines s’engagent dans cette voie.

Choisir d’acheter en vrac, une bonne solution pour éviter les emballages.

Les Utopistes Réalistes : Comment rendre le zéro déchet accessible au plus grand nombre ?

Aline Gubri : Je crois que l’un des secrets est de choisir des recettes réalisables rapidement et qui demande le moins de matériel possible. Il faut aussi amener l’objectif zéro déchet de façon ludique en montrant qu’il ne s’agit pas juste d’un moyen mais d’une vraie activité en soi. Expliquer comment faire une lessive ou un déodorant et le faire avec les gens est quelque chose qui fonctionne en général très bien, surtout quand après on l’utilise et qu’on constate l’efficacité du produit. On est en général fier de ce qu’on a fabriqué. A l’issue d’un atelier de fabrication de produit, les personnes sont souvent convaincues et certaines s’engagent dans cette voie.

Les Utopistes Réalistes : Au quotidien, quelles sont vos petites astuces « zéro déchet » quand vous n’êtes pas chez vous ?

Aline Gubri : Dans mon sac à main, j’ai toujours 1 ou 2 mouchoirs en tissu qui vont me servir comme mouchoir mais sinon comme serviette de table, ou comme emballage pour une viennoiserie. J’ai aussi des sachets en tissu lavable quand j’achète du vrac ou des fruits ou légumes, une paille en inox et un petit pot de beurre de karité en remplacement d’un baume à lèvres classique.

Les Utopistes Réalistes : Pourquoi avoir écrit votre livre « Zéro plastique zéro toxique » ?

Aline Gubri : Je me suis dit qu’après mes années d’expérience zéro déchet, c’était bête de garder pour moi les recettes et les expériences qui marchaient bien. J’avais aussi envie de montrer que se mettre au zéro déchet c’était facile, en tout cas, bien plus que ce qu’on pouvait imaginer. C’est une façon de vivre qui est accessible à tous financièrement et en temps. L’idée est en fait d’apprendre à consommer moins mais mieux en préservant sa santé.

Zéro plastique zéro toxique 101 astuces DIY pour un quotidien sain et écologique d’Aline Gubri aux éditions Thierry Souccar, 13,90 euros.

Aline Gubri est aussi l’auteure du blog www.consommonssainement.com

Corine Carré

 

 

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