Et si on louait notre robe de grossesse et les vêtements de nos bambins ?

 

Premier dressing du genre destiné aux femmes enceintes et aux enfants de 0 à 6 ans, Tale Me est un dressing où on peut louer ses vêtements via une plateforme et moyennant un abonnement mensuel à partir de 19 euros par mois. Une façon éthique, durable et tendance de s’habiller dans des périodes où les besoins en vêtements sont importants, alors que paradoxalement, ils sont peu portés et donc peu abîmés !

 

Cette idée d’un dressing à louer, c’est Anna Balez qui l’a eu. Ingénieur chimiste de formation, elle se spécialise dans l’analyse des impacts de l’industrie sur l’environnement. Elle est alors consultante pour de grandes entreprises et… jeune maman. L’arrivée de son premier enfant l’amène à chercher des vêtements pour elle et son nouveau-né. A son arrivée à Bruxelles, elle passe beaucoup de temps dans les marchés de créateurs et c’est à ce moment là qu’elle rencontre des stylistes. Chaque fois, elle doit se résoudre à faire le même constat : les vêtements qu’elles voient sont beaux mais inconvénient majeur, ils sont chers ! Du coup, les créateurs ont du mal à vivre de leur travail.

La location de vêtements de maternité et pour les 0-6 ans, une idée tendance et écolo

Persuadée qu’une solution existe, Anna décide de réfléchir à la manière dont ces stylistes pourraient gagner leur vie tout en continuant à fabriquer les vêtements qu’elles imaginent. Ses compétences d’ingénieur associées à sa sensibilité aux problématiques liées à la préservation de l’environnement l’amène à imaginer un concept qui permettrait de louer les vêtements plutôt que de les acheter. De cette idée naît Tale Me, un mix parfait selon elle, d’écologie et d’up recycling. Pourquoi acheter des vêtements qui à peine quelques mois après notre passage en magasin finiront au mieux dans l’armoire d’une copine, au pire dans une poubelle ? Quand on sait par exemple que pour une maternité, le budget moyen d’une garde-robe est évalué à 600 euros pour des vêtements qui ne seront portés que 4 à 5 mois et qu’un ménage dépense en moyenne 600 euros par an et par enfant en vêtements ça fait cher la tenue, aussi chic et belle soit-elle !

Essayer la location de vêtements, c’est l’adopter

Si la location, le troc, le réemploi et le partage d’objets avec des particuliers ou des professionnels a depuis quelques temps maintenant le vent en poupe et ne cesse de se développer, sauter le pas et penser location quand on parle vêtements n’est pas toujours aussi simple. Si ce mode de consommation est bien intégré dans notre cerveau en ce qui concerne les voitures, l’appartement pour les vacances ou sa paire de ski, c’est plus compliqué quand on touche à la tenue de son petit trésor ou son pantalon de grossesse. « Louer un vêtement chez Tale Me, c’est un peu comme aller à la bibliothèque. Parfois on y rentre avec en tête l’idée d’emprunter un livre précis et puis en baladant notre regard sur les étagères on trouve parfois des trésors auxquels on ne s’attendait pas ! Il faut changer le mode de fonctionnement de notre cerveau. Il faut tenter et passer à l’acte. La démarche que nous proposons est vraiment nouvelle, on est pionnier dans le domaine» explique Ophélie, chargée du développement France au sein de Tale Me. Pour ceux qui habitent Paris et Bruxelles, ils peuvent venir toucher, voir et essayer les vêtements sur place. « En général, quand les gens viennent sur place, les freins qu’ils pouvaient avoir par rapport au principe de location disparaissent. Ils sont convaincus de l’intérêt du système et rassurés par rapport à la qualité des vêtements que nous proposons, du coup, ils adhèrent au concept qu’on leur propose et souscrivent un abonnement » raconte Ophélie.

A Paris et Bruxelles, 2 showrooms pour essayer et voir les vêtements à louer

Nettoyage, réparation des vêtements… tout est inclus dans la location

S’ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de louer leur garde-robe c’est aussi parce que celui-ci permet de résoudre certains problèmes liés à l’achat de ses habits. Dévalorisation, stockage, usure, réparation… Tale Me s’occupe de tout et propose un service après-vente complet à ses abonnés en faisant notamment appel à un atelier d’insertion pour réparer les vêtement abîmés. « Le fait que nous nous occupions du nettoyage et des réparations des vêtements est un vrai gain de temps pour les parents » précise Ophélie.

Pour ce qui est de l’entretien des habits, les produits utilisés sont éco-labellisés pour permettre une cohérence avec les valeurs de protection de l’environnement prônées par Anna Balez, la fondatrice de Tale Me. Car en matière d’industrie textile, la planète a du souci à se faire ! Aujourd’hui peu de consommateurs savent qu’elle est la deuxième industrie la plus polluante au monde après celle du pétrole ! Des études ont même démontré que les pesticides utilisés dans la culture du coton pouvaient également être détectés dans les vêtements produits à partir de cette fibre. Pour Ophélie, « quand on est enceinte, on se pose des questions sur le monde qu’on va laisser à notre enfant. On devient plus exigent sur la qualité des produits qu’on consomme. Ces préoccupations passent par l’alimentation mais aussi par le textile qui va habiller celui ou celle qu’on va mettre au monde. On réfléchit plus à la façon d’optimiser sa consommation en étant plus respectueux de l’homme et de la planète. On a envie de moins polluer et louer ses vêtements est une façon de le faire ».

Des créateurs « ethiques »

Choisir de porter des choses dont on sait comment elles sont fabriquées et avec quelles matières elles sont réalisées, fait aussi partie des éléments qui sont importants pour les abonnés de Tale Me. « On travaille avec une vingtaine de créateurs. On est très vigilant sur le choix des fournisseurs avec qui ils travaillent et l’endroit d’où proviennent les tissus qu’ils utilisent pour réaliser leurs modèles. La façon dont sont traités les employés dans les usines qui fabriquent les vêtements ou le type de teintures ou de colorants utilisés nous importent beaucoup. Plus la démarche du créateur est éthique, plus on aura envie de travailler avec lui et de l’intégrer dans notre dressing. Dans la mesure du possible, on privilégie des créations réalisées avec des fibres naturelles, même si en ce qui concerne les vêtements maternité c’est plus difficile à trouver, l’offre est moins importante» explique Ophélie avant d’ajouter que beaucoup des vêtements proposés à la location chez Tale Me bénéficient du label Ecocert et Fairtrade.

A Tale Me, les créateurs sont engagés.

 

Mais qui dit vêtements éthiques ne veut pas dire vêtements démodés ! Bien au contraire ! Tous les modèles en location chez Tale Me sont tendances. Au total, ce sont plus de 10 000 vêtements qui sont référencés sur le site. « Tous les jours, on a des vêtements qui rentrent et qui sont remis à la location sur le site » précise Ophélie. Impossible ou (presque !) donc de ne pas trouver son bonheur dans ce dédale de propositions vestimentaires. Depuis la création de Tale Me en 2014, 2 000 personnes ont souscrit un abonnement. Un succès croissant qui encourage la jeune entreprise à se développer, les livraisons se font d’ailleurs dans toute l’Europe. Un projet de création d’un Tale Me made in Pays Bas est même dans les cartons!

www.taleme-shop.com

Corine Carré

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