Au Japon, les initiatives écologiques se multiplient

Ils ont la trentaine et il y a quelques mois, Mathilde et Jonathan ont décidé de faire un voyage de 8 mois au Japon. Passionnés par le pays du Soleil Levant et l’écologie, ils ont rencontré au cours de leur voyage de nombreux acteurs engagés dans un mouvement de transition vers une société plus respectueuse de l’homme et de l’environnement. Ils ont décidé de partager leur expérience et de faire un film.  Rencontre avec ces jeunes cinéastes!

 

  • Quand a eu lieu le tournage et combien de temps a-t-il duré ?

Le tournage s’est étalé sur 5 mois entre les mois de février et juin. Quand on a commencé le tournage, ni l’un, ni l’autre n’avions de formation cinématographique, on avait juste envie de partager notre expérience. A ce moment là, on avait une absence totale de budget et bien sûr, aucune garantie de voir le film sortir un jour. L’idée était juste de filmer un maximum d’initiatives pour pouvoir à terme réaliser un vrai film.

  • Quelles sont les motivations qui vous ont poussé à monter le projet d’Alternative Japan ?

Au début, quand on est parti, on n’avait pas l’intention de réaliser un film. Notre budget était très limité. On avait juste envie de voyager pour aller voir sur le terrain tous les sujets auxquels on s’intéressait et mettre la main à la terre ! Ca faisait longtemps qu’on rêvait d’aller découvrir la campagne japonaise. Ce qui était sûr, c’est qu’on avait envie d’inscrire ce projet dans un mode de vie durable. On a alors décidé que le meilleur moyen d’agir était d’aller partager le quotidien et la vie de famille de citoyens sensibles aux mêmes valeurs que nous. On a donc choisi de faire du wwoofing (World Wide Opportunities on Organic Farms) en aidant des gens à cultiver leurs terres en contrepartie d’être nourris et logés. Après 3 mois d’immersion et un échange avec les hôtes qui nous accueillaient, on a pris conscience de l’ampleur du réseau d’alternatives au Japon. On a donc fait le choix d’arrêter de planifier notre voyage pour s’aventurer à la découverte du Japon alternatif. On a eu très envie de partager notre expérience, on a donc acheté une caméra et on a commencé à filmer l’écovillage d’Aperuy sur l’île de Yakushima dont l’objectif était et est de construire un lieu de vie autonome, avec comme énergies principales le feu et le soleil.

Que faisiez-vous avant ?

Mathilde : Je suis orthophoniste, passionnée par le bien-être, la cuisine « saine », la méditation et le yoga.

Jonathan : J’ai vécu au Japon en 2009 pendant mes études et j’ai commencé à apprendre la langue nipone il y a plus de 10 ans. J’ai travaillé en tant qu’entrepreneur dans la promotion de l’art japonais en Occident.

Comment avez-vous organisé votre voyage et comment avez-vous sélectionné les initiatives et les gens à qui vous avez souhaitez donner la parole ?

Au total, nous avons parcouru 5 000 kilomètres dont 3 500 en stop ce qui nous a permis de visiter des lieux et de rencontrer des gens dont l’objectif est de promouvoir une démarche écologique et durable. Le film rassemble une quinzaine d’intervenants qui prennent la parole pour expliquer leur vision du changement et les actions qui leur tiennent à cœur. C’est aussi l’occasion pour chacun d’entre eux d’exprimer leurs espoirs pour l’avenir. Ce qu’on voulait c’était réaliser un maximum d’interviews en voyageant caméra à la main et sac sur le dos. On s’est rendu dans une école alternative, 2 éco-villages, dans un café communautaire où le client paye ce qu’il veut ou encore dans une entreprise sans patron. On a également rencontré des acteurs agissant dans le domaine du recyclage des déchets, de la maîtrise énergétique ou encore de la permaculture. Dans notre film, il est aussi question de communication non violente, de monnaies locales et de savoir-faire traditionnels. Notre film-documentaire est une véritable leçon d’harmonie et de savoir-vivre au travers de nombreux témoignages de courage et d’optimisme.

Tout au long de leur voyage, Mathilde et Jonathan ont rencontré de nombreux citoyens engagés vers la transition.

Pourquoi avoir choisi de s’intéresser au Japon ?

Nous sommes passionnés par ce pays et par l’écologie en général. On a décidé de tout quitter pour partir à la rencontre de ceux qui au pays du Soleil Levant sont de véritables acteurs du changement. Pendant 8 mois, on a voyagé à l’intérieur du pays à la rencontre de la communauté alternative qui agit de façon active. On a traversé le pays à la découverte d’initiatives et de solutions locales avec à chaque rencontre, le même mot d’encouragement DEKIRU, qui signifie : c’est possible ! Ce qui est vraiment intéressant, c’est que les actions proposées et mises en application sont très diverses. Il n’existe pas une seule manière de faire, chacun fait son possible, à sa façon. Dans les communautés, il n’y a ni règles, ni leader. Tout le monde est libre d’agir comme il le souhaite alors que de manière générale, la société japonaise est très réglementée.

Dans la présentation de votre film, vous soulignez le rôle joué par le tsunami de 2011 dans la prise de conscience des japonais de la nécessité d’aller vers le chemin de la transition. A travers votre voyage dans le pays, comment concrètement avez-vous perçu cette envie de changement ?

En effet, depuis le drame de Fukushima en mars 2011, les initiatives écologiques se multiplient au Japon. Les japonais passent vraiment à l’action avec une vraie volonté de faire avancer leur société et proposer de nouveaux modes de vie. L’effervescence de ces initiatives se produit alors même qu’aujourd’hui le Japon affronte une période de crise importante avec une baisse de la population, une croissance qui est faible et des menaces de guerre. Toutes les initiatives partent des citoyens, le gouvernement en place n’est pas moteur dans cette volonté de transformation.

Quelles sont les initiatives qui vous ont le plus marqué et pourquoi ?

Il y a eu beaucoup de rencontres et de moments forts avec notamment des enseignants, un coach santé, un agriculteur, des journalistes, un moine bouddhiste, un artisan, une personne âgée, un paysan politicien ou encore avec Miyake Yohei, un musicien engagé politiquement. Il aime dire qu’il parle de politique en jouant de la musique. Il a vraiment envie de changer les choses. Son objectif est d’entrer au Sénat et parler avec le Premier ministre Abe, pas pour, comme il dit, lui dire d’aller se faire foutre mais pour faire un pourparler. Tender, lui est un auteur spécialiste des techniques primitives. Après avoir obtenu l’autorisation d’utiliser une école abandonnée, il développe actuellement un espace communautaire de Do It Yourself et de permaculture à l’image de Kai Sawyer qui est un passionné de communication non violente et de la cohabitation avec la nature. Actuellement, il met en place un Dojo de permaculture dans la préfecture de Chiba au sud de Tokyo.

Au Japon, de nombreux agriculteurs s’engagent pour défendre une agriculture plus respectueuse de l’environnement.           

 

  • Dans un témoignage que vous avez recueilli, un jeune dit qu’il est essentiel de penser par soi-même, pensez-vous de manière générale qu’aujourd’hui au Japon ou ailleurs, le changement ne pourra avoir lieu que si les hommes et les femmes se prennent eux-mêmes en main sans attendre des décisions politiques des gouvernements en place ?

Au Japon comme ailleurs, nous pensons que le changement doit provenir de chaque individu et des initiatives locales, collaboratives… Mais nous pensons également que les gouvernements ont un rôle à jouer. Finalement, le changement doit être initié par tous.

Après ce voyage, votre vision du Japon a-t-elle changé ?

Mathilde : C’était la première fois que j’allais au Japon et l’idée que je m’en faisais correspondait surtout à l’image des grandes villes comme Tokyo. Grâce à ce voyage, j’ai pu être en immersion totale dans les milieux alternatifs et découvrir des savoir-faire et des manières de vivre que je n’imaginais pas vraiment là bas. C’est non seulement ma vision du Japon qui a changé, mais aussi ma vision de l’humain.

Jonathan : Je n’étais pas retourné au Japon depuis 8 ans, et je connaissais très peu la campagne Japonaise, c’est un rêve devenu réalité. Je voulais vivre avec des Japonais et partager leur quotidien et nous n’avons pas été déçus. Ce voyage m’a confirmé que la culture Japonaise a beaucoup à apporter au reste du monde, j’espère que nous parviendrons à retranscrire les valeurs de bien-être et d’harmonie dans notre film.

Que retirez-vous de cette expérience ?

Une générosité sans limites. Nous voulons adopter un mode de vie similaire, chose que nous essayons de faire progressivement. Mais surtout que tout est possible !

Cette aventure vous a-t-elle rendu plus optimiste et confiant dans la façon dont l’homme gère sa relation à la Terre ?

Cela nous a surtout montré que nous sommes beaucoup à avoir des prises de conscience et qu’en élargissant les réseaux, nous pourrons travailler tous ensemble. A l’image de ce que nous montrons dans le film, de nombreuses initiatives se développent partout dans le monde.

Quelle est la date prévue de votre film ?

Nous n’avons pas de date de sortie officielle, tout dépendra du financement participatif sur Kisskissbankbank.

Au Japon comme ailleurs, nous pensons que le changement doit provenir de chaque individu et des initiatives locales, collaboratives… Mais nous pensons également que les gouvernements ont un rôle à jouer. Finalement, le changement doit être initié par tous.

Après ce voyage, votre vision du Japon a-t-elle changé ?

Mathilde : C’était la première fois que j’allais au Japon et l’idée que je m’en faisais correspondait surtout à l’image des grandes villes comme Tokyo. Grâce à ce voyage, j’ai pu être en immersion totale dans les milieux alternatifs et découvrir des savoir-faire et des manières de vivre que je n’imaginais pas vraiment là bas. C’est non seulement ma vision du Japon qui a changé, mais aussi ma vision de l’humain.

Jonathan : Je n’étais pas retourné au Japon depuis 8 ans, et je connaissais très peu la campagne Japonaise, c’est un rêve devenu réalité. Je voulais vivre avec des Japonais et partager leur quotidien et nous n’avons pas été déçus. Ce voyage m’a confirmé que la culture Japonaise a beaucoup à apporter au reste du monde, j’espère que nous parviendrons à retranscrire les valeurs de bien-être et d’harmonie dans notre film.

Que retirez-vous de cette expérience ?

Une générosité sans limites. Nous voulons adopter un mode de vie similaire, chose que nous essayons de faire progressivement. Mais surtout que tout est possible !

Cette aventure vous a-t-elle rendu plus optimiste et confiant dans la façon dont l’homme gère sa relation à la Terre ?

Cela nous a surtout montré que nous sommes beaucoup à avoir des prises de conscience et qu’en élargissant les réseaux, nous pourrons travailler tous ensemble. A l’image de ce que nous montrons dans le film, de nombreuses initiatives se développent partout dans le monde.

Quelle est la date prévue de votre film ?

Nous n’avons pas de date de sortie officielle, tout dépendra du financement participatif sur Kisskissbankbank.

En matière de transition énergétique, les japonais font preuve de créativité et d’ingéniosité.
  • Comment envisagez-vous la diffusion de votre film et auprès de quels publics ?

Nous souhaitons faire des projections dans des cinémas, des festivals et ouvrir le débat dans des universités, des événements, etc.

Avez-vous d’autres projets dont l’objectif serait de contribuer à mettre en lumière des initiatives visant à privilégier des modes de vie alternatif ?

Nous avons de nombreux projets, mais chaque chose en son temps. Cela fait de nombreux mois que nous travaillons sur le film, et l’aventure ne fait que commencer !

www.dekiru-movie.com

Corine Carré

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